Les guerres yougoslaves ne sont pas
terminées. Plus de dix ans après les accords de Dayton les questions de
réfugiés, de frontières nationales, d'oppositions identitaires restent posées.
Sur cet échiquier balkanique explosif, la Serbie, grande perdante de l'explosion
de la Yougoslavie et entourée de voisins au seuil de l'Union européenne, cherche
sa place. Preuves historiques à l'appui, Alexis Troude démontre que la Serbie a
été victime plus que le bourreau dans les guerres de décomposition de la
Yougoslavie ; agressée par les géopolitiques allemande, américaine et islamique,
elle a cherché à se défendre et c'est ce qui l'a entraîné sur la pente de la
radicalisation extrême. Menacé de minorisation, le peuple serbe va devoir
affronter de nombreux défis. La transition économique vers l'économie de marché,
les relations avec le Monténégro indépendant, le statut du Kosovo-Métochie, la
perspective de l'Union européenne... Si l'Europe continue de nier les intérêts
du peuple serbe, celui-ci pourrait bien se retourner vers la Russie ou l'Orient
extrême.
Alexis Troude, Professeur d'Histoire Géographie, a travaillé
à l'IEP de Paris sur le processus d'intégration nationale des musulmans de
l'espace yougoslave et à l'Institut National des Langues Orientales sur la
question nationale serbe. Il a notamment collaboré aux ouvrages Guerres dans
les Balkans (Ellipses, 2002) et Les sociétés, la guerre et la paix (Ellipses,
2003). Expert international à la deuxième conférence internationale sur le "
Génocide dans l'Etat oustachi (1941-1945) ", il a publié le premier guide
touristique, en français, sur La Serbie et le Monténégro (Petit Futé,
2005).