Roman

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Le roman de Londres

Auteur : Tsernianski (Crnjanski) Milos

PRIX : 25.00 €

Traduit du serbe par Velimir Popovic

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, Londres accueille par flots les réfugiés de l’Europe asservie. Deux univers s’y côtoient sans guère se toucher: la société anglaise, avec ses raideurs et son indifférence, et la constellation des déracinés, de ces Slaves qui pleurent, comme un continent perdu, leur patrie engloutie sous le communisme.

Pour les Anglais tous ceux-là ne sont, au mieux, que des «cinglés de Polacs». Au pire, de ces Russes de la première émigration, nostalgiques et méfiants, trahis par les Alliés, par leur nation, par l’univers entier.

Fils d’un aristocrate anglophile, le prince Repnine espérait rencontrer à Londres la sympathie d’une civilisation admirée. Il n’y a trouvé que le calcul, les grimaces et la dégradation de ses pairs, réduits à se prostituer aux ladies fortunées. Repnine, avec sa dignité d’officier, rejette cette déchéance. Par son refus de conspirer contre les Soviets, il se brouille avec tous ses compatriotes. Impériale ou rouge, la Russie est sa patrie, elle a vaincu l’Allemagne, et c’est la seule chose qui importe. Ainsi s’enfonce-t-il dans une solitude tragique et triviale à la fois. Comment échapper à l’Histoire, ce nouveau monstre, tout en évitant la misère, la famine et la désolation à sa femme?

Avec le génie qui lui est propre, Tsernianski sait dégager les archétypes de l’histoire et des comportements humains. Dans le Roman de Londres, il a tissé une subtile méditation sur le mal le plus répandu de notre siècle: la trahison. En un temps de la compromission générale, comment rester fidèle, à quelle patrie, et où se trouve celle-ci? Autant de questions que l’auteur a déjà posées avec force dans l’inoubliable Migrations.

Mais le Roman de Londres est aussi un immense poème d’amour et de sacrifice. Le personnage de Nadia, la femme de Repnine, fait de discrétion et d’humilité, est une des plus belles figures féminines de la littérature slave. Dans cette œuvre déchirante, Tsernianski a gravé l’essentiel de son propre destin.