Roman

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L’homme qui vivait dans les rêves

Auteur : Petkovic Radoslav

PRIX : 16.00 €

Traduit du serbo-croate par Alain Cappon

“L’homme qui vivait dans les rêves est illustration exemplaire du talent de ce fascinant architecte des textes, et de son goût prononcé et maîtrisé pour l’allégorie.”

L’opus s’ouvre sur une version libre de l’Epître aux Romains qui voit le spectacle de l’incendie de Rome par Néron en 410. Timothée témoigne, hésitant, des tergiversations des apôtres en fuite devant les Romains, et des commandements de Paul, qui l’aide à dire non. A choisir. Quitte à choisir de fuir. “Tu n’imagines pas comme c’est facile, dit Paul à Timothée. Fuis pour le sa/ut de ton corps, peut-être verras-tu ainsi s’offrir à toi la chance d’assurer également le sa/ut de ton âme.” C’est sur le mode de la destinée et du choix, comme exercice de la liberté individuelle, que s’articulent les dix nouvelles de ce recueil, exposant les personnages – les facettes d’un même personnage? – à la mort. Une mort inéluctable, contenue dans le premier cri du nouveau-né, signal de l’ultime victoire du temps. Chaque nouvelle vient nous dire l’atemporalité du mal-être et du Mal, l’incompressibilité du temps. Que les personnages de ce recueil évoluent tour à tour dans l’Antiquité ou dans un urbanisme très contemporain, chacun a affaire au temps et à l’espace. Ce sont ces repères de notre rapport au monde qui s’émoussent, qu’ils soient avalés par des automobiles autonomes ou rétrécissent dans la chambre d’une malade. Et nos certitudes se consument dans la fusion de la réalité avec l’imaginaire. Comme pour cet homme qui vit dans les rêves, et croit – ou sait – qu’il rêve un monde qu’on dit réel et vit lorsqu’il dort, tout se brouille et simultanément se dévoile. L’homme qui vivait dans les rêves est adroitement et ingénieusement construit, illuminé d’allusions et de traits d’humour cinglants, réinventant les rois mages en astrologues qui jouent leur chemin au dé. Dix nouvelles pour une belle allégorie sur le libre-arbitre et la mort, fragile et nécessaire passerelle entre rêve et réalité.

Radoslav Petkovic, né en 1953, vit à Belgrade. Son œuvre se nourrit de l’histoire d’une région à la croisée des cultures, des mythes et des conflits: les Balkans. Homme de lettres érudit loin des modes et des salons littéraires, Radoslav Petkovic construit une œuvre aussi insolite que fondamentale.
L’homme qui vivait dans les rêves est l’illustration exemplaire du talent de ce fascinant architecte des textes, et de son goût prononcé et maîtrisé pour l’allégorie.