Roman

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Une fable

Auteur : Tchossitch Dobritsa

PRIX : 22.00 €

Traduit du serbe par Dejan M. Babic

Au début des années 60, alors qu’il est encore un jeune écrivain révolutionnaire dont les romans figurent au programme de lecture des écoles communistes, Dobritsa Tchossitch écrit Une fable.

Cette anti-utopie, oscillant entre la philosophie de l’histoire, la science-fiction et la mythologie, enchaîne quatre visions ponctuées d’étranges dialogues entre le narrateur et Andjama, le diable de la tradition serbe, incarnant l’univers « naturel» d’avant sa conquête par la civilisation technique et idéologique. Le monde transformé en cendres, le Muséum de la fin de l’ histoire où l’ humanité se réduit à un grouillement d’insectes impuissants, le bonheur obligatoire de Camonia, la gigantesque inversion du temps de l’Anti-Histoire : ces allégories hermétiques ont attendu quatre décennies avant de nous livrer leur sens.

Une fable est un conte oriental plein d’images, de sagesse, où la nature est présente dans son langage chiffré. Cette nature entre en collision avec le monde de la science utilitaire, de la technologie et du pouvoir. Les échanges de propos entre l’auteur et Andjama deviennent une méditation sur l’existence du Vieux (Dieu le Père), la nature, l’air qu’on respire, l’eau de la rivière qui est le dernier refuge après la mise en désert de la planète.

Ce livre d’amère satire politique, avec ses scènes baroques, jette une lumière crue sur les temps antérieurs au récit. Par les puissantes prémonitions de l’auteur, il préfigure l’histoire telle qu’elle se déroulera jusqu’à nos jours. Ainsi, il livre une critique radicale de la métamorphose du monde qui a conduit à l’avènement de la société de consommation, greffée sur la promesse de bonheur contenue dans le communisme, et qui apparaît pour la première fois, ici, avec autant d’évidence, comme la manipulation des anciens systèmes par les mensonges de substitution qui signifient le déclin et l’anéantissement de la culture, ]’ inversion du temps chronologique comme générateur de faux semblants. Une fable est le premier roman de la subordination du réel à l’image virtuelle. Conçu par l’auteur comme un exorcisme personnel du mal totalitaire, il revêt aujourd’hui une signification universelle.